NieR Automata : Les androïdes rêvent-ils de fin du monde ?

NieR : Automata est sorti le 10 mars 2017 en Europe. Suite spirituelle du premier NIER, sorti en 2010, le jeu se passe en l’an 11945, durant la 14ème guerre des machines. L’humanité a été contrainte de s’exiler sur la lune, suite à l’attaque d’une race extra-terrestre, et ce depuis des centaines d’années. Ces envahisseurs ont déployé des machines pour conquérir le monde, et les humains ont répliqué avec la création d’androïdes de combat, créant l’unité YoRHa. Automata se concentre principalement sur 2B et 9S, deux androïdes de cette unité.

On commence donc aux commandes de 2B, durant une attaque à la recherche d’un Goliath, robot géant ennemi. L’assaut se passe mal, et seule 2B survit, continuant sa mission. Le jeu est avant tout un beat-them-all, assez nerveux. Le système de combat est réactif, les armes nombreuses et la possibilité de personnalisation de votre héros correcte. Un système de puces informatiques prenant plus ou moins d’espace permet de tailler votre avatar pour l’attaque, la défense, ou la polyvalence. Les combats sont très dynamiques et un système d’esquive parfaite rend le tout technique et exigeant. On attaque autant au corps à corps qu’à distance, à l’aide d’un POD, petit robot tirant des salves d’énergie lui aussi améliorable.

Cette mécanique à distance, se retrouve aussi dans de nombreuses phases du jeu,sous la forme d’un shoot-them-up. On sera souvent aux commandes d’un exosquelette volant, à tirer dans tout les sens et esquiver les boulettes. Parfois en shooter vertical ou horizontal, puis en twin-stick shooter, ou enfin en rail shooter, en vue arrière. Enfin, on retrouvera le même principe dans les phases de hacking des ennemis, de façon stylisée. Le mélange des genres va très bien à Automata, d’autant que la transition entre ces passages ne dérange pas le jeu.

La progression se fait dans un pseudo monde ouvert. On est plus proche d’un monde à la « Ocarina of Time » que d’un « Breath of the Wild ». Une zone centrale sert de hub, donnant accès à des régions variées : désert, parc d’attractions, forêt… Des quêtes annexes sont disséminées (on y échappe plus de nos jours). La plupart sont intéressantes, car elles étoffent bien l’histoire, que ce soit sur la résistance comme pour les machines.

Étant un jeu avec des combats assez nerveux, NieR Automata a le bon goût de tourner en 60fps. L’action est très fluide, rapide et agréable. Les personnages sont bien détaillés, par contre on ne peut pas en dire autant des environnements. Le level design est correct, mais les textures laissent parfois à désirer : arbres à l’écorce baveuse, ou bien quelques sols en béton assez flous. Heureusement, l’ambiance générale du titre nous détourne assez vite de ces défauts.

La musique en particulier contribue énormément à cette ambiance. Elles sont tout bonnement exceptionnelles. Composées par Keiichi Okabe et son collectif Monaca, elles sont plus dans un côté classique et lyrique que électronique (on s’attend à trouver ça avec une histoire de machines). Ce qui crée un vrai sentiment de grandeur au titre, mais aussi de mélancolie, et pour les combats, un côté épique. Enfin les doublages sont vraiment de bonne qualité, autant en anglais qu’en japonais. Le choix de la langue est laissé au jouer et c’est vraiment appréciable.

Le jeu se déroule en trois parties. Il faut finir trois runs du jeu pour avoir l’intégralité de l’histoire. L’exploitation du mode « New Game + » est différente des autres jeux et apporte un vrai plus. Le scénario est distillé au compte gout grâce à cela, mais permet de voir des facettes différentes des personnages principaux. Ainsi, le premier run se fait avec 2B, le second avec 9S et est la même histoire que 2B, mais par moment il est séparé d’elle. Enfin, le troisième run est le bouquet final, avec la suite de l’histoire et l’arrivée de révélations importantes.

Au début, le monde semble être tout noir ou tout blanc, avec les androïdes comme gentils et les machines méchantes. Cette vision manichéenne s’estompe peu à peu pour laisser place à toutes les nuances de gris. De nombreuses questions émergent, au centre du propos de ce jeu. Des questions sur le but de l’existence des androïdes, la définition de la vie (pour une machine) et bien plus encore. Tous ces thèmes sont au centre de la narration d’Automata. Attention toutefois, cela nécessite une forte implication du joueur, le tout étant un peu décousu. Pourtant, cela vaut vraiment la peine de s’impliquer et d’obtenir les cinq fins principales pour saisir l’essence de ce titre.

Plus d’images dans la galerie.

Bien que je n’ai pas joué au premier jeu NIER, sorti en 2010, de nombreux liens sont faits avec lui. Les fans de la première heure seront comblés, et moi il me reste à jouer à NIER pour comprendre certains points de scénario. Cela n’est pas bloquant pour un nouveau joueur pour autant.

Au final, NieR : Automata aura été une vraie claque pour moi. Je m’attendais à un beat-them-all sympa, je me retrouve avec un de mes coups de coeur de 2017. Un jeu inoubliable pour peu que l’on s’implique pour vraiment le finir. Il donne beaucoup plus que l’on attend et nous surprend chaque minute, et sait nous faire oublier ses défauts.

Bref, jouez à NieR : Automata ! Vous ne le regretterez pas.

Critique réalisée sur PS4 Pro.

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